Cade la sera


Alcyone, I Tributarii


Gabriele d'Annunzio

Traduction: Muriel Gallot (edition : la Différence_Orphée)

Cade la sera. Nasce
La luna dalla Verna
Cruda, roseo nimbo
Di tal ch’effonde pace
Senza parole dire.
Pace hanno tutti i gioghi.
Si fa più dolce il lungo
Dorso del Pratomagno
Come se blandimento
D’amica man l’induca a sopor lento.
Le soir tombe. La lune
Naît de la Verna
Froide, rose auréole
Du saint qui répand la paix
Sans parole dire.
La paix règne sur les cimes.
Plus douce se fait la longue
Pente du Pratomagno
Comme si la cajolerie
D’une main amie l’invitait à une lente torpeur.
Su i pianori selvosi
Ardon le carbonaie,
Solenni fuochi in vista.
L’Arno luce fra i pioppi.
Stormire grande, ad ogni
Soffio, vince il corale
Ploro de’ flauti alati
Che la gramigna asconde.
E non s’ode altra voce.
Dai monti l’acqua corre a questa foce.
Sur les plateaux boisés
Ardent les charbonneries,
Feux solennels à la vue.
L’Arno luit entre les peupliers.
Un grand bruissement, à chaque
Souffle, étouffe la complainte
Chorale des flûtes ailées
Que le chiendent dissimule.
Nulle autre voix ne s’entend.
Depuis les cimes, l’eau court vers cette embouchure.