Laudi alla Vergine Maria

La Divine comédie_Dante_chant XXXIII

Traduction: Henri Longnon (éditions Classiques Garnier)

Vergine madre, figlia del tuo Figlio,
Umile ed alta più che creatura,
Termine fisso d’eterno consiglio,
O Vierge, mère et fille de ton Fils,
Humble et haute bien plus que nulle créature,
Terme assigné d’un éternel dessein,
Tu se’ colei che l’umana natura
Nobilitasti sì, che ’l suo Fattore
Non disdegnò di farsi sua fattura.
C’est Toi, qui ennoblis notre nature humaine,
A ce point tel que n’a pas dédaigné
Son Ouvrier de se faire son œuvre.
Nel ventre tuo si raccese l’amore
Per lo cui caldo nell’eterna pace
Così è germinato questo fiore.
C’est en ton sein qu’a repris feu l’Amour,
A la chaleur de qui, dans la paix éternelle,
A pu germer cette rose candide.
Qui se’ a noi meridïana face
Di caritate, e giuso, intra i mortali,
Se’ di speranza fontana vivace.
Ici, Tu es pour nous la torche d’un midi
De charité ; là-bas, chez les mortels,
D’espérance Tu es la source toujours vive.
Donna, se’ tanto grande e tanto vali,
Che qual vuol grazia ed a te non ricorre,
Sua disïanza vuol volar senz’ali.
Dame, Tu es si grande et puissante que l’homme
Qui désire une grâce et ne recourt à Toi,
Prétend que son désir vole sans avoir d’ailes :
La tua benignità non pur soccorre
A chi domanda, ma molte fïate
Liberamente al dimandar precorre.
Non seulement ta bienveillance exauce
Ton suppliant, mais bien souvent aussi
Ta libéralité précède la demande.
In te misericordia, in te pietate,
In te magnificenza, in te s’aduna
Quantunque in creatura è di bontate.
En Toi, miséricorde , en Toi,pitié ,
En Toi, magnificence, en Toi s’assemble tout
Ce qu’il est de bonté dans une créature !